Le collège Jean Vigo d’Epinay-sur-Seine a fait coup double le 8 décembre : accueil d’un atelier d’éducation aux médias “comprendre les migrations en traquant infox et préjugés” en présence des caméras de CANAL + venues filmer pour le documentaire “Pourquoi nous détestent-ils, nous les migrants?”.

Avec la participation active du comédien Frédéric Chau, les équipes de Desinfox Migrations et d’e-graine ont challengé le temps d’une après-midi les représentations d’élèves de 4ème, très curieux et décomplexés pour échanger sur cette thématique.

Un enthousiasme bienvenu car le sujet des migrations est si délicat qu’il peine parfois à être abordé. Il a nécessité de prendre le temps de décortiquer les termes utilisés car ils sont souvent méconnus ou mal utilisés dans le débat public.

Probable que les questions de Frederic Chau, posées en préalable à l’atelier, ont contribué à mettre à l’aise les jeunes qui, pour certains, se sont rendus compte qu’ils étaient concernés en premier lieu par les migrations tout en s’apercevant qu’ils méconnaissaient l’histoire de leur famille.

Ainsi c’est très motivé que les élèves se sont prêtés à l’expérience de cet atelier découpé en plusieurs séquences :

  • 1 – Un photolangage pour amorcer les échanges sur les raisons des migrations: les conflits armés, les persécutions liées à l’origine, la pratique d’une religion, l’orientation sexuelle, les dégâts que provoque le changement climatique, le besoin de retrouver sa famille, de voyager, travailler, étudier, etc. Un préalable ayant permis de distinguer les différents termes : migrant, réfugié, immigré, expatrié… De premiers dialogues avec les élèves qui nous ont révélé d’emblée un raccourci flagrant entre “migrant = réfugié” ainsi que leur parfaite conscience que les médias évoquent fréquemment les migrants de manière négative, dans une logique de bouc émissaire.
  • 2 – Le visionnage d’une série de courts extraits vidéo: un extrait issu de LCP – la chaîne parlementaire, une vidéo d’Eric Zemmour et une capsule vidéo de Migrations en questions.  A l’aide d’un questionnaire, les collégiens sont partis à la chasse aux infox avant de restituer leurs travaux. Ils ont ainsi fait émerger des questions clés ( qui parle? de quel point de vue? dans quel but? dans quel contexte? ) et ont pris conscience de l’importance de diversifier et vérifier ses sources.
  • 3 – Un quiz pour faire le point sur les connaissances acquises.

Ainsi, cet atelier a d’abord été un révélateur de leur intérêt pour le sujet.

Il leur a ouvert un espace où poser des questions très pointues et ancrées dans l’actualité de notre société: “pourquoi parle-t-on toujours des migrants de façon négative?”, “est-ce que les migrants sont des terroristes?”, “est-ce que les réfugiés sont légaux?” etc.

Des questions aussi tournées vers l’avenir, vers LEUR avenir quand ils ont interrogé la véracité des propos sur “les migrants qui viendraient profiter des prestations sociales” ou “voler le travail des français”.

Des échanges au cours desquels ils se sont rendus compte que leurs représentations étaient très souvent nourries de leurs préjugés.

A la fin de cette après-midi, les élèves ont souligné la nécessité de se forger leur vision du monde en portant un regard critique sur les propos qui circulent sur les réseaux sociaux et les médias. Ils étaient déterminés à appréhender le monde avec empathie et tolérance envers l’autre, sans négliger de prendre le temps de la réflexion et du croisement des sources.

De leur côté, professeurs et animateurs sont ressortis impressionnés par la capacité de travail du groupe et l’envie des élèves d’être des citoyens éclairés.